Payer son impôt social, flatter les égos, s’autocélébrer et étaler son semblant de réussite sociale en nourrissant une poignée de personnes qui passeront des semaines à lister les couacs du xew (cérémonie). Voici le passage obligatoire pour toutes familles sénégalaises ancrées dans  ses ‘’traditions’’.

La Reine-Mère avait décidé d’offrir un grand xew pour distribuer des liasses de billets- qu’elle n’avait pas  encore-  à des personnes qui n’ont rien fait pour elle, ni sa famille à part partager le même sang que le père de ses enfants.

Oui, une badiane a tous les droits : piques assassines, critiques sur ta gestion de Âwo boûr’ou keur’eum et autres mesquineries d’usage. Mais, elle a surtout un pouvoir mystique qui peut solidifier les liens d’un mariage balbutiant. Au pays où 400 mariages se soldent en divorce (feugu say nopp) et depuis que la Reine-Mère peut fièrement répondre aux visiteurs autre chose que sa fille a eu son master,  l’autre est en mission à New York lorsqu’on lui demande des nouvelles de sa progéniture. Plus de réponses lasses de ses interlocuteurs « Yallah bax na » sous-entendant que ces filles ne sont pas au top de la réussite.  Enfin, la Reine-mère peut dire que sa fille est enfin « arrivée ». Elle s’est fait épouser par un sénégalais pur ditakh (exit Gnak, lèk-kat’ou moûss, toubab yéfêr et autres moussiba du genre humain).

Autant donc recourir aux pouvoirs de la pléthore de badiane car Tiàt dafa gâw.

Et puis merde, cela fait des décennies qu’elle reverse de généreux ndawtàl en CFA avant et après dévaluation… Diot na mou récupérer ndawtàl’am #ngewelevoice.

N’en déplaise à ses enfants à qui elle a forcé à manger à table toute leur jeunesse et qui roulent parfaitement les rrrr. Quand il s’agit de xew, elle exige le retour aux sources et valeurs sénégalaises de base.

Et pour se conforter dans ses plans, elle s’entoure de vautours de xew (ceux  qui sont doctorants en xewologie, la science du yebbii et terrall) pour lister les terangas et autres. Elle, qui pendant des décennies a été la spectatrice de tellement de guew de ndakarou avec un regard critique. Elle, qui maitrise en théorie les techniques de nass, djoxalanter et autres. Elle a une occasion unique de les mettre en pratique. Une occasion unique d’étaler son yakh bou reuy ak son maanaa #déplacementLatéral.  Une occasion unique, car surtout elle ne sait pas quel type de pièce rapportée lui ramènera le reste de la progéniture (toubab, yeux bridés, narr ou niaak… maradeytalli !).

En attendant, elle a sorti tous ces vieux carnets et fouillé le fond de sa mémoire pour annoncer la date mythique à toutes ces connaissances et sa famille élastique. Elle dira à certains boulene soneu nak, votre présence suffira *se racle la gorge*.

Le jour J elle s’étonnera qu’il y ait plus de monde que dans ses prévisions elastiques. 1 méchoui aura disparu, quelques poulets aussi. Des cartons de Rani aux saveurs et couleurs douteuses,  des  litres d’huile seront déversées. Le timing ne sera pas respecté. Des badianes auront boudé la qualité des tissus ou l’épaisseur des enveloppes. Les baye  (parrains) auront reçu leurs déjeuners à 19h. Des gewell et laobe sortis de nul-part rajouteront du tintamarre avec leurs bongo et tama. Elle, la Reine-Mère sera comme la balance commerciale du Sénégal, déficitaire. Mais, au pays de la Téranga et des yakh bou reuy, on ne peut rien prévoir. Tant pis, elle va prier fort pour que son fils épouse une sénégalaise cheveux naturels tass  seu cheveu (pas ces nhappy pseudo-révolutionnaires). Au moins cette fois, elle est sure de recevoir les teranga de sa belle- fille.   On lui chantera « Ndiak nanggoul, Ndiak nangoul, Ndiak nangoul* ».

*Reine/Chef reçoit tes cadeaux

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La vie m’a mise là…

Publié: 5 juin 2016 dans Non classé

 

Ils se sont réveillés pour me dire que je devais la remplacer. J’avais 20 ans. Elle m’a laissé ses 5 enfants, des petits avec qui je jouais pendant les grandes vacances scolaires.  Je quittais le Saloum à l’époque pour la capitale et pour l’aider dans les tâches ménagères, découvrir les rues animées de la Médina, les fouraal et la mode dakaroise. Ils ont décidé que je devais y rester pour m’occuper de son mari…la remplacer dans le lit conjugal. Parce que comme nous partageons le même sang, je devrai traiter sa progéniture comme celle sortie de mon propre ventre.

Je n’avais pas le choix. Ils ne m’ont pas demandé mon avis. Il a hérité de moi. Hérité de moi comme de ces quelques bijoux de pacotille, des boubous ternis qu’elle nous a laissés. Je devais apprendre à être ma sœur. Etre son corps.  Etre son âme  tout en restant dans mon propre corps. J’ai cessé de rêver. J’ai renoncé à penser. Je n’étais plus moi, j’étais Elle.

Il n’était pas méchant. Il n’était pas bon non plus. Il a hérité de moi et a continué son quotidien comme si j’étais Elle. J’étais là parmi les meubles. Les enfants. Le lit froid. La cuisine vide. Ses sœurs effrontées.  Les murs fissurés par le temps. Les journées de disettes ou il peinait à réunir la dépense quotidienne. Les jours de fêtes où je repassais les vieux Bazin pour leur redonner l’éclat des premiers jours.

Un jour mon ventre a grossi. Je portais son enfant. Nous l’avons accueilli. Je n’étais ni heureuse ni triste. Elle portait le nom de ma sœur.

Les enfants sont devenus des adolescents. Ses cheveux grisonnés. Les fins du mois de plus en plus difficiles. Le lit s’est affaissé. Il ne l’a pas réparé. Mon ventre s’est arrondi, deux fois, trois fois.

Un matin, il m’a trouvé une coépouse pour agrémenter ces nuits et jours de pré-retraités.  J’ai eu mal. Mon ventre rond. J’ai eu la rage. J’ai eu terriblement mal. Elle a eu la chance que je n’aurai jamais eue. Le choix de se réveiller le matin avec Lui. Ils se sont choisis.

Les nuits tombent toujours. Dans ce lit froid. La vie m’a mise ici. Et j’y attendrai la mort.

Le sororat est le mariage forcé de la sœur d’une épouse décédée ou stérile avec son beau-frère, le veuf/mari, avec lequel elle doit se marier. Cette pratique consiste à donner une veuve en héritage à une autre personne, ou à forcer une veuve ou une sœur à épouser son beau-frère ou un autre parent. 

 

Exolologie ou la science des ex

Publié: 27 septembre 2015 dans Non classé

 Pour mouy clair, toutes ressemblances à une personne avec laquelle j’ai partagé  un bout de vie n’est que le fruit de son imagination débordante ou de son égo démesuré. Mesdames, quel que soit votre statut, vous avez dû croiser un jour un de ces mal(e)dominant. Au départ, il avait l’air plus que normal, mais ce n’était qu’un air…

Monsieur ‘’ Mon-moi je’’ aka Ego démesuré : il a fait de grandes écoles, il a un poste de directeur de cabinet dans un ministère. Il passe son temps entre deux avions. Au départ, il était en dernière phase de divorce (il ne restait que les papiers à signer pour la garde enfants). 10 ans plus tard, les papiers jaunis n’ont pas été signés ‘’ pour  ne pas perturber la scolarité des enfants’’ dit-il. Il vous demande beaucoup d’attention particulièrement pour étaler ses succès. Il est tellement over méga occupé tellement qu’il peut oublier pendant des mois votre existence et réapparaitre avec un mail  ‘’ Je suis à New Delhi, éreinté, je bois du thé en pensant à toi’’, en pièce jointe une vingtaine de photos de son séjour. Il ne vous apportera rien de plus, mais vous pompera l’air avec  ses voyages en Inde, Taiwan, aux iles Galápagos ou même t’annoncer qu’il accompagne le Président faire ses courses à Paris. Votre présence lui permet juste de mieux rassurer son égo d’homme intelligent, overbooké et se tapant une intello.

Monsieur Le fils à Papa : Il a grandi avec tout, vous l’avez connu à l’époque où il piétinait  le sol avec les dernières Jordan, conduisait la voiture de Papa-Conseiller spécial du Président.  Vous, vous veniez juste de perdre vos boutons d’ado et étiez tombée littéralement en amour de Lui. Il rêvait d’être physicien, puis spin doctor, puis artiste, puis entrepreneur, puis producteur puis je ne sais quoi. De vous et vos airs de vierge folle, il s’en tapait. Entre temps, le fils à Papa Conseiller spécial est devenu fils tout court. Le monde a tourné, les gens ont avancé et la rancœur est née. Attention, cet ex en plus de penser que Dieu le Père vous a mis sur Terre pour lui, que votre amour de post adolescente étant imprescriptible et votre célibat sévère aidant, ce bonhomme est convaincu que tôt ou tard vous lui reviendrez. Pour cela, il continue à vous appeler bébé et à attaquer vos moindres prétendants.

Monsieur Le libidineux : quarantaine passée, grisonnant, marié pour rentrer dans le moule social et assumant totalement son infidélité et sa sexualité débridée. Il est pour vous un jardin défendu mais comme vos hormones de trentenaire s’affolent rapidement dès qu’il envoie un petit message. Vous avez décidé de co-gérer votre libido dans la discrétion. Votre ‘’couple’’ n’ira pas loin, mais vous vous en tapez !

Monsieur le normalo- bipolaire : il serait le presque gendre idéal, n’eut été ‘’ lokho bou gatt bii’’ communément appelé radinerie sévère.  Même en pyjama, vous aurez pu le présenter à votre Mère l’Impératrice tellement il est parfaitement braillé, ses caleçons propres. Il vit seul, son appartement aseptisé. Il fait la cuisine parfaitement et il a même un statut d’expatrié et une double nationalité ! Moindre pépin, vous pourriez jouir du passeport bleu. Il est sénégalais pur bissap mais vous dit avoir oublié son wollof et son bambara entre la France et le Canada ou il a passé la moitié de sa vie. En bonne sunugalienne incapable de parler de sentiments dans une langue empruntée ou imposée, vous lui parler dans la langue que vous avez tété pendant qu’il s’applique à répondre dans sa langue d’adoption.  Pourtant, il a beau être toubab d’ethnie wollof, son ndombo est bien attaché autour de ses reins…et au coin d’une pièce vous trouverez un arsenal « d’anti mort » (safara).

Monsieur l’éternel jeune ou atteint du syndrome Peter Pan : vous êtes sa mère, sa sœur, sa conseillère d’orientation, sa gestionnaire de compte, sa médiatrice, sa nourrice, son psychologue, son médecin et …sa copine. Il n’a que son amour sincère certes à vous offrir mais il est incapable de retenir ne serait-ce que votre date de naissance. Il a beau être homme dévoué, sincère et avoir des gènes de fidélité (qualité en voie de disparition), son coaching vous épuise et vous jettez l’éponge.

Monsieur l’hyper intelligent névrosé : descendant de Bour, premier de toute sa lignée familiale à avoir fait des études poussées, doué, actif dans tous les mouvements citoyens, responsable des jeunes d’un parti politique. Il, vous a choisi parmi toutes celles qui le courtisaient dans son royaume et ses environs pour :  1/gérer sa carrière de futur homme politique (prédictions des Saltigué), 2/ parce qu’une femme intellectuelle cela sait bien se tenir dans la cour des grands 3/ parce que son serigne-charlatan lui a dit que votre trop plein de weurseuk (kar kar machallah) contaminera toute personne qui partage le même lit conjugal que vous ! Ainsi donc, Monsieur l’hyper intelligent névrosé a déclaré unilatéralement que vous êtes sa ouroul ayni ! Rien, ni personne, ne pourra y changer quelque chose, même vous-même ! Osez lui , lui annoncez-lui une rupture et vous aurez droit à un harcèlement digne d’Orson de Desperate housewives.

Chercheur de …

Publié: 11 avril 2015 dans Non classé

Comme tous les matins, je me réveillais aux aurores pour prier. Me réveiller à cette heure me rapprocherait de Dieu et de ses grâces.  J’espérais quelque part au fond de moi, qu’Il, le Tout Puissant serait enfin convaincu que j’étais un de ses fidèles 5 étoiles …et qu’il aurait pour cette fois signer sans rechigner toutes les demandes que je lui faisais parvenir par voie spirituelle.

J’égrenais plusieurs centaines de fois dans la journée mon chapelet rodé. Je jeunais au moins deux fois par semaine pour lui réaffirmer ma foi.

Si Lui-le Tout-Puissant n’était pas convaincu encore de ma dévotion, tout mon entourage m’avait collé l’étiquette de «  personne destinée à Aldiana-le Paradis ».

Mes amis me répétaient souvent en cœur « tu sais Dieu ne met à l’épreuve que les meilleurs d’entre nous ». J’acquiesçais en pensant au fond de moi que j’aurai aimé qu’Il me gratifie sur Terre et pour l’Au-delà nous verrons plus tard.

Mes journées après mes innombrables prières, commençaient par la lecture des offres d’emploi  dans les journaux.  Souvent, les voisins, amis m’envoyaient même avant que je ne commence mon rituel du jour un sms, ou une photocopie avec une offre d’emploi avec toujours un mot gentil « cette annonce ressemble à ton profil. Tu devrais essayer. Yallah bax na. »

Je ne sais pas combien de mots, de copies, de sms j’ai reçus pendant cette décennie de chômage. Ni le nombre de lettres manuscrites rédigées minutieusement. Certains n’avaient rien à voir à mon profil…mais quand on est « chercheur » quel que soit l’offre, on plonge espérant que la baraka tombe sur nous.

Je déposais toujours. Car, « on ne sait jamais ».

Les jours et les années se sont se sont égrenés au même rythme que  mon chapelet.

Mes diplômes ont jaunis et les photocopies de CV ont terni…mais InchAllah, je trouverai un jour.

Le banc

Publié: 16 novembre 2014 dans Non classé

Assis sur un banc tu attends que ton heure arrive. Tu attends depuis un jour, une semaine, un an. Le temps file. Tu ne vois plus la différence. Tu attends impatiemment. Tu trépignes. Tu t’agites. Tu es à bout de force mais tu souris en grinçant tes dents d’une blancheur parfaite. Tu veux tout. Tout de suite. Tu ne veux plus négocier. La vie te doit cela. Elle qui t’a mis là sans demander ton avis. Elle t’a bercée de rêves. Tu grondes en ton fort intérieur. En silence. Tu titubes parfois. Tu te relèves toujours. Tu es à bout de force. Tu souffles. Tu bloques ta respiration. Peut être que cette fois ça sera le bon. Peut être que oui. Peut être que non. Tu plonges en fermant les yeux. Tu t’emballes. Tu te laisses aller. Vlan. Désillusion. Tu tombes de haut. Tu regardes ton ombre sur le sol. Tu n’as pas mal. Tu ne pleures pas. Tu es amer. Le soleil se relève. La brume se disperse. Les nuages passent. Tes peines résistent aux jours, aux nuits, au temps. Assise sur un banc. Tu attends qu’il passe. Et même si tu n’y crois plus. Tu attends en souriant. Tu attends en chantonnant “La vie en rose”.
https://www.youtube.com/watch?v=8IJzYAda1wA

Assani

Publié: 16 novembre 2014 dans Non classé

Aline sitoe

Aline sitoe


Assani entra dans la cour où se tenait le conseil des sages du village avec une telle assurance que personne n’osait douter de sa légitimité. Krass krasss, Elle traina ses chaussures usées et s’assit à même le sol en face du chef de village. La réunion avait commencé sous le grand Baobab sacré depuis des heures. Mais, elle en avait cure. L’assistance regarda avec insistance le Chef qui ne voulut, pas une fois de plus, relever la présence de Assani.
Assani, était pire qu’un abcès sur une fesse…douloureuse, pénible et envahissante. Jamais conviée, elle se débrouillait toujours pour s’inviter.
Le vieux Weddi ne put retenir sa langue de vipère. « Assani, que fais tu ici sous ce chaud soleil? Tu es âgée, tu pourrais reposer tes vieux os. »
Assani fait fit du commentaire du vieux Weddi. Elle savait que le vieux n’avait pas digéré là fois où elle avait ligué ces 5 épouses contre lui…le vieux Weddi avait passé deux semaines à apprendre à faire fonctionner le fourneau pour s’alimenter….si ce n’était pas ce vieux seytané de Chef, on n’aurait retrouvé ses ossements dans la concession désertée !

Elle continua à écouter les débats pendant que toute l’assistance la fixait avec insistance en se demandant quand est ce que l’abcès allait exploser.
Le Chef était sur le point de conclure les débats…quand Assani prit la parole -sans la demander- avec sa voix glaciale
« Vous les hyènes en conclave qui vous donne le droit de décider de notre destin ? »
Un brouhaha traversa la place de village.

« Cette terre ne vous appartient pas ! Vous n’avez aucun droit sur nous, vous ne pouvez pas la vendre à ces chacals ! Car, une fois qu’ils s’installeront avec leurs machines polluantes, ils nous écraseront un à un comme des fourmis.
Vous avez entendus, personne ne vendra cette terre. »

Assani ne leur laissa pas le temps de répliquer…elle avait déjà disparu sous un nuage de poussières.
Tokho, tokho, toute l’assistance se mit à tousser comme pour faire passer les vérités amères de la vieille Assani.
Le vieux Chef resta songeur pendant que le reste de l’assistance s’agitait. Aussi, loin que remontait sa mémoire, Assani avait toujours tenu tête à cette société. Il sourit intérieurement, il savait qu’une fois de plus Assani allait rendre la vie impossible à ces nouveaux investisseurs. Comme, le jour où, elle avait tabassé la vieille exciseuse qui charcutait des jeunes filles dans le secret. Le jour où elle avait enfermé l’agent des impôts dans une pièce pour marquer son refus de payer tant que le village n’aura pas accès à l’eau et l’électricité

Le e-grand quelqu’un

Publié: 13 septembre 2014 dans Non classé

Il  possède en moyenne deux ou 3 téléphones, une connexion, expresso, Tigo et Orange et un swag Mac book pro. Un compte Facebook (il réfléchit à le muter en page Facebook non sans prétention) mais vous savez c’est difficile de trier entre ces milliers d’amis.  Il a un compte linkedin et viadeo pour rappeller qu’il a un boulot. Un compte Twitter et Google+. Il a confié son album photo à Instagram et sa playlist à myspace.

Sa marque de fabrique: il étale sa vie et son activisme épidermique sur Facebook.

La  journée commence toujours par un tour de bonjour dans les réseaux sociaux ; un « like » amical, un statut à la Che. Il commente, informe en « breaking news » et attends au calme que la pluie de « J’aime » tombe. Sur Twitter, il sélectionne les « follow back ». Il multiplie les statuts : analyses philosophico-politique, « vis ma vie d’anticonformiste », mon kiff du jour.

De temps en temps, il se fait tancer par des e-jaloux …cette catégorie de e.rats qui trainent dans les réseaux mais n’ont jamais gagné un « J’aime » encore moins un flirt. Grand militant de la liberté d’expression, il les laisse salir son mur à volonté.

Il lui arrive également de transformer ses followers-likers en meetic date (rencart)…Bein oui, qu’est ce que vous croyez les inbox  sont aux réseaux sociaux ce que la messagerie rose est au minitel.

 

Il étale également ces états d’âme amoureux ça s’appelle le e.love sorte d’activisme amoureux qui demande à surjouer ses sentiments pour donner l’impression d’être l’Homme le plus heureux au monde. On envoie des cœurs sur le mur de sa e.amoureuse, des poésies. On fait des selfies et à chaque rencontre, on active la géocalisation : « e. Monsieur regarde le coucher du soleil avec e. Madame en sirotant du jus de soumpeu » *bein ouii le jus de soumpeu c’est très romantique*.

 

Il est aussi swag et se démarque du reste du monde par sa mine « jeun’s » et son look de  hipster avec « the accessoire » (béret, lunettes de soleil, chicha et cigarette électronique).

Les compagnies de téléphone et les marques de téléphone lui font la cour à cet « acteur du net ».

 

Dans ce monde où il est bon de défendre l’égalité homme femme (le genre ça fait classe), les enfants, les pauvres, les talibés, les vieux, les cons et les pas cons « tout le monde, il est dedans ». Il s’est autoproclamé leur vaillant défenseur pourvu que son égo et son aura enflent… et qu’il n’y ait pas de violences en vue (pas comme ces sauvageons de YenAMarristes) !

 

Il connait tout le monde et tout le monde le connait. Lui c’est « dalou ndakarou », Il ne rate aucun événement culturel où le « tout ndackarou » se réunit pour s’autocongratuler et se taper la bise.

 

Arrive les moments de e.blues où il efface les photos privées et menace ces e.groupies de s’éloigner un petit moment de ce monde si virtuel …

 

Mais, comme il aime  se persuader qu’il est intelligent, heureux, que sa voix compte, qu’il est entendu, il reste finalement.  C’est si bon d’être suivi pour ses goûts politiques, économiques, vestimentaires et musicaux.

Tous les jours, il espère qu’on le trouvera beau sur sa photo de profil. Alors, il se regarde fièrement dans le miroir, sourit…. et clique sur « J’aime ».